En automne, le brochet se nourrit davantage et reste près de la surface

Du début d’automne aux premiers froids, le brochet change d’appétit et de position : comment ajuster mouches, animation et soie à l’eau qui refroidit.

Lucien Marchadier Par Lucien Marchadier
3 min de lecture
En automne, le brochet se nourrit davantage et reste près de la surface
Photo d’illustration. Une boîte de mouches de type streamer, avec des modèles en plumes noires, orange et roses, tandis qu’une main en tient une autre.

En bref

  • Avec le refroidissement, les brochets se nourrissent plus régulièrement et constituent des réserves avant l’hiver.
  • Pour les trouver, il faut d’abord repérer les bancs de poissons fourrage, puis les structures proches.
  • Début d’automne : animation vive et mouches de 10 à 15 cm. Fin d’automne : mouches plus grosses et pauses plus longues.
  • Du bord comme en bateau, changer vite de poste, de mouche ou de soie reste la règle.

L’été, la chaleur rend souvent le brochet moins actif. Dès que l’air et l’eau se rafraîchissent, il reprend l’habitude de manger régulièrement et s’engraisse avant l’hiver. D’après peche.com, c’est une belle période à la mouche, car les poissons restent encore dans les couches supérieures.

Des conditions qui favorisent la chasse

L’automne apporte des épisodes venteux, pluvieux et nuageux assez réguliers. Ces conditions favorisent la chasse des prédateurs et, avec le besoin de faire du gras, les pics d’activité sont fréquents. Dans les milieux très pêchés, ces créneaux restent courts et ciblés : mieux vaut des sorties brèves aux moments clés, par exemple lors d’une journée de vent en pêchant la berge exposée.

Trouver le fourrage, puis le brochet

Le poisson fourrage, c’est-à-dire les petits poissons dont se nourrissent les carnassiers, se tient dans les bordures. Les brochets suivent ces bancs : les repérer revient à trouver les prédateurs. Un sondeur aide, mais l’activité en surface ou la présence d’oiseaux comme les cormorans trahit aussi le fourrage.

Quand les poissons ne sont pas en bordure, ils occupent les obstacles et structures (bois mort, souches, enrochements), les herbiers en décomposition, les cassures proches, les hauts fonds ou la lisière de zones plus profondes. Les bons coins varient d’un plan d’eau à l’autre selon la saison et le niveau de l’eau : connaître le sien guide le choix des postes, des proies et des mouches.

Bateau ou bord : deux façons de chercher

En bateau

On couvre plus de zones, d’habitats et de profondeurs, et le sondeur apporte des informations. Float-tube, ponton-boat et SUP sont de plus en plus utilisés.

Du bord

Le rayon d’action se limite à la longueur de lancer. Il faut changer vite de coin, viser la bonne bordure et tenter les secteurs délaissés car encombrés, avec une mouche anti-herbes ou un montage inversé.

Début et fin d’automne : ce qui change

Critère Début d’automne Fin d’automne
Appétit Eaux encore peu froides, touches réflexes possibles Repas moins fréquents, proies plus grosses
Mouches Petits poissons réalistes (gardon, ablette, perche) de 10 à 15 cm Mouches de plus de 20 cm, montage holo ou appendices (queues, rattle, lame)
Animation Relativement rapide, pour agacer le poisson Plus lente, pauses marquées, type stop and go
Fourrage Dans les bordures Bancs de perches et de fourrage regroupés, carnassiers proches

Côté soie, le principe est de partir près de la surface, puis de descendre avec des soies flottantes, intermédiaires et plongeantes (S3, S5, S7). En eau claire, on privilégie des mouches naturelles ; en eau trouble, ou si rien ne se passe, des modèles contrastés ou plus flashy, en variant tailles et volumes. Si les touches manquent, une imitation de perche vaut souvent l’essai.

Les réflexes de terrain

  • Ne pas s’entêter : modifier vite le poste, la mouche, l’animation, voire la soie.
  • Si un brochet se manifeste sur un poste, insister plus longtemps, car les poissons peuvent se regrouper à cette saison.
  • Prévoir une canne de puissance 9 pour lancer loin de grosses mouches sans se fatiguer.
  • Emporter un moulinet à cassette ou plusieurs bobines de rechange pour changer de stratégie rapidement.
  • Garder un large choix de tailles et de coloris de mouches.

Sans touche, c’est soit que les poissons ne sont pas actifs, soit que l’approche n’est pas la bonne : l’auteur invite alors à se remettre en question plutôt qu’à répéter ce qui a déjà fonctionné.

Photo : Gaspar Zaldo / Pexels

Lucien Marchadier

Technique, poissons, matériel et environnement

Lucien Marchadier

Garde-pêche dans la Creuse jusqu'à sa retraite, Lucien Marchadier a passé trente ans à observer les rivières et ceux qui les fréquentent. Pour Maxi Pêche, il écrit sur les poissons : espèces, habitudes, périodes d'activité, tailles légales. Il rappelle les dates d'ouverture propres à chaque département. Le soir, il sculpte de petits objets en bois.