Sur un bouillon, le leurre tombé pile au centre peut passer à côté du poisson

Pélamides, thonines, bonites ou maquereaux ne chassent pas de la même façon : savoir lire la surface détermine l’approche du bateau et le lancer du leurre.

Yoann Kerboul Par Yoann Kerboul
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Sur un bouillon, le leurre tombé pile au centre peut passer à côté du poisson
Trois pêcheurs à bord d’un petit bateau à moteur, cannes dressées, en mer près d’une côte.

En bref

  • Chaque espèce de petit pélagique chasse à sa manière, et la reconnaître guide toute la pêche.
  • La pélamide craint un bateau trop proche, alors que maquereaux et sévereaux tolèrent une approche discrète.
  • Le lancer placé au bon endroit pèse plus que tout le reste.

Avant de lancer quoi que ce soit sur un bouillon, il faut savoir qui le provoque. Selon peche.com, chaque espèce possède un comportement propre, et en connaître les détails rend bien plus efficace une fois sur l’eau. L’identification conditionne à la fois la pêche et le placement du bateau.

Lire la chasse : qui est en train de se nourrir ?

La surface livre des indices assez nets. Le tableau ci-dessous les rassemble par espèce.

Espèce Ce que l’on voit et entend
Pélamides Comportement très agressif : elles percutent la surface à grande vitesse, avec une éclaboussure semblable à celle d’un popper. Les chasses sont très intenses, mais généralement brèves.
Bonites et thonines Un peu plus discrètes, elles pratiquent le marsouinage : elles montent des profondeurs, affleurent la surface, redescendent de quelques mètres puis remontent plus loin. Les éclaboussures sont faibles, même si certains poissons sautent entièrement hors de l’eau lorsqu’ils arrivent trop vite.
Maquereaux et sévereaux Des chasses qui bougent très peu, souvent éparpillées, repérables aux remous et à un bruit de grosse goutte d’eau tombant sur la surface.

Approcher sans faire sonder

Chez la pélamide, tout se joue sur la rapidité. Ses chasses étant souvent très courtes, il faut s’approcher vite à moins de 100 mètres, puis ralentir et laisser filer le bateau sur son erre. Cette espèce est souvent très craintive : un bateau trop proche fera inévitablement sonder les prédateurs.

Bonites et thonines demandent une autre logique. Elles se déplacent très rapidement, et suivre leur chasse est presque impossible. Mieux vaut anticiper leur trajectoire et placer le bateau de manière à ce qu’elles viennent vers lui.

Sévereaux et maquereaux sont probablement les plus simples à aborder, à condition de rester discret et de ne pas trop s’approcher. Leurs chasses, peu denses, s’étalent souvent sur 100 à 200 mètres carrés. L’idéal est de se placer en périphérie, à distance de lancer, sans couper le moteur. Ces poissons profitent souvent du bruit d’un bateau qui passe pour ne pas être entendus du poisson fourrage, ce qui compense leur faible vitesse de nage.

Poser le leurre au bon endroit

La zone à viser change selon l’espèce :

  • Pélamides : leurs chasses étant très denses, on peut piquer le poisson en plein centre du bouillon comme en périphérie. Ce sont les plus simples à ferrer une fois le leurre dans la chasse.
  • Thonines et bonites : il faut impérativement placer le leurre hors de la chasse, dans la direction où vont les poissons. Un leurre tombé pile sur le bouillon est souvent ignoré, car les poissons se sont déjà déplacés de quelques mètres.
  • Maquereaux et sévereaux : la précision est de rigueur, avec une chute au plus près du bouillon. Ces poissons restent souvent quelques secondes sur la même zone et se décident facilement si le lancer est bien placé.

Photo : Tony Zohari / Pexels

Yoann Kerboul

Technique, poissons, matériel et environnement

Yoann Kerboul

Yoann Kerboul pêche en mer et en kayak depuis ses quinze ans, d'abord sur la côte nord du Finistère, aujourd'hui entre Brest et Roscoff. Pour Maxi Pêche, il écrit sur les sorties du quotidien : pêche en kayak, en bateau, au coup ou au feeder, sécurité et préparation. Il ne part jamais sans avoir regardé les coefficients de marée. Il répare lui-même ses vieux moulinets, avec plus d'enthousiasme que de réussite.